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Trouble alimentaire-Boulimie

Boulimie (bulimia nervosa)

Les trois caractéristiques essentielles de la boulimie sont :

  • la survenue récurrente d’accès hyperphagiques (de gloutonnerie),
  • des comportements compensatoires inappropriés et récurrents visant à prévenir la prise de poids,
  • une estime de soi influencée de manière excessive par le poids et la forme corporelle.

Un accès hyperphagique (binge-eating) est une absorption, en une courte période de temps, d’une quantité de nourriture largement supérieure à ce que la plupart des gens absorberaient pendant la même durée dans des circonstances similaires. Le grignotage continuel de petites quantités de nourriture pendant toute la journée ne doit pas être considéré comme un accès hyperphagique. Cette l’absorption excessive de nourriture est accompagnée d’un sentiment de perte de contrôle (incapacité de se retenir ou d’arrêter de manger après avoir commencé), néanmoins les crises sont parfois planifiées. L’accès hyperphagique se caractérise davantage par la quantité anormale d’aliments absorbés que par leur type. Pourtant, pendant les accès, les individus tendent à absorber des aliments qu’ils évitent habituellement.

Typiquement, les personnes souffrant de boulimie éprouvent de la honte quant à leurs problèmes alimentaires et tentent de dissimuler leurs symptômes. Les accès hyperphagiques surviennent habituellement en secret, ou de façon aussi discrète que possible. L’accès hyperphagique se poursuit fréquemment jusqu’à une sensation pénible, voire douloureuse, de distension abdominale. L’accès fait le plus souvent suite à des affects négatifs, des tensions interpersonnelles, des régimes restrictifs, des pensées négatives ayant trait au poids ou à l’apparence corporelle et à la nourriture, et l’ennui.

Un autre trait essentiel de la boulimie est le recours répété à des comportements purgatifs comme les vomissements,  l’emploi abusif de laxatifs ou de diurétiques. Plus rarement, d’autres méthodes compensatoires peuvent être utilisées (lavements, extraits thyroïdiens pour éviter la prise de poids, jeûne, exercices physiques excessifs).

Source :  DSM-5 Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (2015)

 

La thérapie cognitive et comportementale de la boulimie (TCC)

Des études ont démontré une efficacité de certains antidépresseurs.  Des études ont également démontré que la thérapie cognitive comportementale (TCC) s’avère efficace dans le traitement de la boulimie (pour une revue voir Chaloult et al., 2008, Ch. 10 ; p.152 ; Wilson & Shafran, 2005 ; Hay, Bacaltchuk, & Stefano, 2004; Hay, Bacaltchuk, Stefano, & Kashyap, 2009). Ainsi, les TCC doivent être considérés lors de l’établissement d’un plan thérapeutique.

La TCC de la boulimie peut combiner différentes techniques telles que :

  • Psychoéducation : explication du modèle cognitivo-comportemental de la boulimie, des facteurs qui maintiennent le trouble à la personne et éventuellement à la famille et aux proches.
  • Entretiens motivationnels : afin de susciter une profonde réflexion sur les avantages et inconvénients/les craintes à surmonter son trouble alimentaire.
  • Restructuration cognitive : portant notamment sur les croyances associées au poids, à la minceur, à l’image de soi.
  • Self-monitoring (journal d’auto-observation) : permet d’observer les facteurs qui influencent l’alimentation (certains évènements, pensées, émotions).
  • Développement de stratégies de coping : pour faire face aux situations qui déclenchent les accès boulimiques
  • Entrainent à la relaxation : pour apprendre à tolérer l’inconfort émotionnel
  • Entrainement à la pleine conscience (Mindfluness) : pour apprendre à vivre dans le moment présent, sans anticipations anxieuses sur le futur et rumination négatives sur le passé, développer la perception du sentiment de satiété.
  • Régulation de l’émotion : à partir de techniques inspirées de la thérapie comportementale dialectique.
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